[Magellan] NAO réunion du 8 juillet : Budget NAO à 1,8 % : une enveloppe sous tension, des salariés sacrifiés

La direction a annoncé un budget NAO limité à 1,8 %, avec un choix clair : uniquement des augmentations individuelles.  ( cf Danger ! Le patronat continue d’individualiser nos augmentations de salaires). Derrière le discours sur la “valorisation des key people”, c’est en réalité une politique d’injustice salariale qui se dessine. La direction organise la rareté, la mise en concurrence des salariés et l’arbitraire dans la distribution des augmentations.

Une direction qui balaie ses propres accords

Nous le rappelons fermement : dans nos accords, lorsqu’une augmentation des salaires est prévue, la direction s’engage à mettre en place une augmentation générale pour :

  • les salariés bénéficiant d’une prime d’objectifs ou d’une prime commerciale dont la rémunération mensuelle fixe de base est inférieure à 1,4 plafond mensuel de la Sécurité sociale ;
  • les salariés ne bénéficiant ni d’une prime d’objectifs ni d’une prime commerciale dont la rémunération mensuelle fixe de base est inférieure à 2 plafonds mensuels de la Sécurité sociale.

La direction a l’obligation de négocier avec les organisations syndicales le taux de cette augmentation générale et ses modalités d’attribution. Or, à ce stade, il semble évident qu’elle n’a pas pris en compte nos accords. C’est inacceptable.

Une enveloppe opaque, une répartition inconnue

Autre sujet majeur : la direction refuse de communiquer le détail du montant de l’enveloppe. Elle ne dit pas comment elle sera répartie, ni selon quels critères précis. Chez Magellan, le JR et le grade sont liés au salaire : cacher la distribution de l’enveloppe revient donc à cacher les effets réels sur les classifications, les parcours et les rémunérations.

Nous en saurons sans doute un peu plus lors de la réunion de vendredi. Mais en l’état, la méthode pose problème : aucune transparence, aucune lisibilité, aucune garantie d’équité.

Les promotions déjà financées sur la même enveloppe

La direction précise que toutes les augmentations liées aux promotions depuis janvier sont incluses dans l’enveloppe de 1,8 %. Autrement dit, avant même d’envisager les augmentations individuelles, une partie du budget est déjà consommée. Cela réduit mécaniquement ce qu’il restera pour les autres salariés.

C’est un choix politique : faire financer les promotions sur une enveloppe globale, puis expliquer qu’il n’y a plus assez pour tout le monde. Résultat : une enveloppe déjà amputée, et des salariés laissés au bord du chemin.

Une PPV abandonnée, faute de visibilité

Concernant la PPV (qui serait également incluse dans cette enveloppe de 1.8%), la direction indique qu’elle n’a plus de visibilité pour pouvoir la financer. Là encore, cela traduit une logique d’attente et de restriction budgétaire qui pèse uniquement sur les salariés. Quand il s’agit de redistribuer, soudain il n’y a plus de visibilité.

Vers une harmonisation par le bas

La direction affiche aussi une volonté d’harmoniser MTS avec Magellan, et annonce déjà vouloir supprimer les Augmentation Générale du futur accord, au motif d’un retour au “Syntec, rien que Syntec, tout Syntec”.

Nous dénonçons cette logique de nivellement par le bas. L’harmonisation ne doit pas servir de prétexte à supprimer des acquis ou à réduire les garanties existantes. Le standard minimal Syntec ne doit pas devenir l’horizon social de l’entreprise.

Une loterie inacceptable

Avec une enveloppe entièrement transformée en augmentations individuelles, c’est la loterie qui s’installe. Les salariés les plus visibles, les “key people”, seront servis. Les autres devront espérer, attendre, se justifier.

Les salariés de base ne “mériteraient” donc pas d’augmentation ? Cette logique est profondément méprisante. À l’heure où l’inflation reste supérieure à 2 %, chaque salarié qui n’obtient rien voit son salaire réel baisser. Et même ceux qui auront la chance d’être augmentés perdront, au minimum, 0,2 % de pouvoir d’achat.

Autrement dit :

  • 0 € d’augmentation = perte nette immédiate
  • augmentation inférieure à l’inflation = recul du salaire réel

Ce budget à 1,8 % n’est donc pas une avancée. C’est une régression sociale.

Inflation IPC / IPCH ?

L’IPCH ne prend en compte que les seules dépenses qui restent à la charge des ménages après remboursement éventuel par les pouvoirs publics ou la Sécurité sociale, soit le prix net, alors que l’IPC prend en compte la totalité du prix du bien ou du service concerné, soit le prix brut. Les différences entre ces deux indicateurs sont importantes dans le domaine de la santé.

Par exemple, lorsque le remboursement de certaines dépenses de santé diminue, cela n’augmente pas le prix brut et n’a donc pas d’effet sur l’IPC. En revanche, cela augmente le prix net payé par les ménages et est donc pris en compte dans le calcul de l’IPCH.

L’IPCH devrait alors être l’indice de référence pour la revalorisation des salaires, du Smic et des revenus sociaux et devrait servir de référence pour le calcul des pertes de pouvoir d’achat de ces différents revenus. En effet, celui-ci est plus proche de la réalité des dépenses des ménages.

La CGT exige autre chose

Nous revendiquons :

  • une vraie augmentation générale ;
  • une transparence totale sur l’enveloppe ;
  • le respect des accords existants ;
  • une distribution lisible, équitable et négociée ;
  • des mesures qui protègent tous les salariés, pas seulement quelques “key people”.

La valeur d’une entreprise ne repose pas sur une poignée d’élus. Elle repose sur le travail de tous. Et ce travail mérite mieux qu’une loterie salariale.

Nous allons échanger avec les autres organisations syndicales. Il est temps de préparer collectivement l’action afin que nos acquis ne soient pas attaqués les uns après les autres !

 

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